Fortes chaleurs, canicule au travail : je m'organise
A partir de 30 °C à l’ombre, la vigilance s’impose. Au-delà de 33°C, le risque d’accident est accru.
Contre ces excès de chaleur, le Code du travail dispose d’un arsenal d’articles visant à protéger les salariés tout en se gardant bien de définir un quelconque seuil de température déclenchant des dispositions particulières.
Ceci se traduit pour l’employeur par la mise à disposition pour les salariés d’eau potable et fraîche, et par un renouvellement d’air adapté afin d’éviter les élévations exagérées de température.
Dans des cas de canicules, ces mesures peuvent être insuffisantes. L’employeur devra, en vertu de son obligation de résultat en matière de santé et sécurité, prendre toutes les mesures complémentaires utiles afin de protéger ses salariés.
Ces mesures sont à intensifier en cas d’alerte de vigilance rouge (Météo France) pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs.
Ainsi il appartient à l’employeur de procéder, en phase de vigilance rouge, à une réévaluation quotidienne des risques encourus par chacun des salariés en fonction :
de la température et de son évolution en cours de journée ;
de la nature des travaux devant être effectués, notamment en plein air ou dans des ambiances thermiques présentant déjà des températures élevées, ou comportant une charge physique ;
de l’âge et de l’état de santé des travailleurs.
En fonction de cette réévaluation des risques :
l’aménagement de la charge de travail, des horaires et plus généralement de l’organisation du travail doivent être ajustées pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs pendant toute la durée de la période de vigilance rouge ;
la liste des salariés bénéficiant du télétravail doit être réexaminée, en prêtant une attention particulière aux femmes enceintes, aux personnes souffrant de pathologies chroniques ou en situation de handicap, etc.
Si l’évaluation fait apparaître que les mesures prises sont insuffisantes, notamment pour les travaux accomplis à une température très élevée et comportant une charge physique importante, par exemple travaux d’isolation en toiture ou de couverture, manutention répétée de charges lourdes, l’employeur doit alors décider de l’arrêt des travaux.
Vous trouverez ci-dessous des éléments afin de gérer au mieux cette situation.
AVANT L’ETE
Les employeurs sont tenus, en application des articles L 4121-1 et suivants du Code du travail, de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de leurs établissements, en tenant compte des conditions climatiques ;
Évaluer le risque « fortes chaleurs » lié aux ambiances thermiques (température, hygrométrie…), actualiser le « document unique » et établir un plan d’action de prévention de ce risque ;
Solliciter le médecin du travail pour qu’il établisse un document, à afficher dans l’entreprise en cas d’alerte météorologique, rappelant les risques liés à la chaleur, les moyens de les prévenir et les premiers gestes à accomplir si un salarié est victime d’un coup de chaleur. Des documents (brochures, affiches, dépliant « travail et chaleur d’été »…) sont mis en ligne par l’INRS (www.inrs.fr) et disponibles gratuitement dans votre CARSAT. ;
Afficher les recommandations à suivre, prévues au niveau du plan d’action ;
Dans les locaux à pollution non spécifique, c’est à dire ne faisant pas l’objet d’une réglementation spécifique, l’aération doit avoir lieu soit par ventilation mécanique, soit par ventilation naturelle permanente ;
Prévoir une organisation du travail permettant de réduire les cadences si nécessaire, d’alléger les manutentions manuelles, d’adapter son rythme de travail selon sa tolérance à la chaleur ;
Vérifier que les adaptations techniques permettant de limiter les effets de la chaleur ont été mises en place ;
Vérifier que la ventilation des locaux de travail est correcte et conforme à la réglementation ;
Prévoir des aides mécaniques à la manutention ;
Prévoir une surveillance de la température ambiante des lieux de travail ;
S’assurer que le port des protections individuels est compatible avec les fortes chaleurs ;
Informer et consulter le CSE et les autres institutions représentatives du personnel sur les recommandations à mettre en œuvre en cas d’exposition aux fortes chaleurs ;
Prévoir éventuellement des mesures correctives sur des bâtiments ou locaux existants (stores, volets, faux plafonds, rafraîchissement d’ambiance, ventilation forcée de nuit, films antisolaires sur les parois vitrées etc..).
PENDANT UNE VAGUE CHALEUR
Organisation et fonctionnement de l’entreprise
Informer tous les travailleurs des risques, des moyens de prévention, des signes et symptômes du coup de chaleur (document établi par le médecin du travail notamment) ;
Mettre à disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche ;
Dans les locaux fermés où le personnel est amené à séjourner, l’air doit être renouvelé de façon à éviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les condensations ;
Pour ce qui concerne les postes de travail extérieurs, ceux-ci doivent être aménagés de telle façon que les travailleurs soient protégés, dans la mesure du possible, contre les conditions atmosphériques telles que les intempéries (prévoir des zones d’ombre, des abris, des locaux climatisés…) ;
Mettre à disposition des personnels des moyens utiles de protection (ventilateurs d’appoint, brumisateurs d’eau minérale, vaporisateurs d’humidification, stores extérieurs, volets…) ;
Adapter les horaires de travail dans la mesure du possible : début d’activité plus matinal, suppression des équipes d’après-midi… ;
Organiser des pauses supplémentaires et/ou plus longues aux heures les plus chaudes, si possible dans une salle plus fraîche ;
Inciter les travailleurs à se surveiller mutuellement pour déceler rapidement les signes ou symptômes du coup de chaleur et les signaler à l’employeur et au médecin du travail ;
Vérifier que les adaptations techniques permettant de limiter les effets de la chaleur ont été mises en place et sont fonctionnelles ;
Fournir des aides mécaniques à la manutention ;
Surveiller les ambiances thermiques des lieux de travail (température…).
SIGNES D’ALERTE
Comment reconnaître un coup de chaleur ?
Si, au cours de travaux exécutés en ambiance chaude, un travailleur présente l’un des symptômes suivants :
Maux de tête, soif intense, grande faiblesse, grande fatigue, étourdissements, vertiges,
Propos incohérents, perte d’équilibre, de connaissance.
ATTENTION ! il peut s’agir des premiers signes d’un coup de chaleur, c’est une urgence médicale car il y a un danger de mort !
Agir RAPIDEMENT et EFFICACEMENT et prodiguer les premiers secours :
Alerter les secours médicaux en composant le 15 ;
Rafraîchir la personne ;
Transporter la personne à l’ombre ou dans un endroit frais et lui retirer ses vêtements superflus ;
Asperger le corps de la personne d’eau fraîche ;
Faire le plus de ventilation possible ;
Donner de l’eau en l’absence de troubles de la conscience.